Comme le disent les paysans français : Les mauvaises herbes poussent toujours. Pendant des décennies, la solution était simple : pulvériser d’abord, se poser des questions ensuite Weed killers in France.
Le glyphosate régnait en maître.
Peu coûteux, efficace et si répandu qu’en 2015, on en a retrouvé des traces dans le pain, le vin et même certaines eaux minérales. Une nouvelle qui n’inquiétait personne.
Le rapport de la France aux herbicides est complexe. D’un côté, le pays compte 28 millions d’hectares de terres agricoles. Maintenir une telle productivité sans produits chimiques n’est pas une mince affaire, mais un véritable casse-tête logistique. De l’autre, les Français sont de plus en plus soucieux de la composition de leurs aliments et de la qualité des sols.
Le conflit a atteint son paroxysme avec le glyphosate. Lorsque le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS l’a classé comme cancérogène probable en 2015, les responsables politiques français ont réclamé des concessions. Le président Macron avait promis, comme chacun sait, d’interdire le glyphosate dans les trois ans. Cette promesse… n’a pas tenu ses promesses. L’interdiction a été sans cesse reportée, atténuée, remaniée et discrètement mise de côté, tandis que les groupes de pression agricoles rappelaient sans cesse qu’aucune alternative viable ne pouvait être utilisée à si grande échelle.
Mais quelle est la position de la France aujourd’hui ?
Le glyphosate reste légal à partir de 2026, bien que soumis à des restrictions plus strictes qu’auparavant. Certaines activités autour des cours d’eau et des zones de loisirs sont interdites. Les particuliers ont perdu le droit d’en acheter dès 2019 : il n’est plus possible d’entrer dans une jardinerie et d’acheter un flacon de Roundup pour son jardin.
Cette interdiction pour les consommateurs a été significative. La France a été parmi les premiers pays européens à retirer complètement les produits à base de glyphosate du marché. L’accès reste possible pour les professionnels, tels que les agriculteurs, les paysagistes et les jardiniers, mais nécessite une certification et un registre d’utilisation.
Il s’agit du système de certification Certiphyto ; les travailleurs doivent suivre une formation et ne peuvent manipuler de pesticides ou d’herbicides sans l’avoir suivie. Le processus est bureaucratique, et cela se voit. Cependant, il a également produit des résultats quantifiables : la quantité totale d’herbicides utilisés en France a diminué d’environ 12 % après sa mise en place.
D’autres herbicides sont disponibles, mais aucun n’est idéal. Les produits à base d’acide acétique (essentiellement du vinaigre industriel) sont de plus en plus utilisés pour l’entretien des espaces verts urbains. De nombreuses communes françaises ont mis en œuvre le désherbage thermique, c’est-à-dire un arrosage à haute température plutôt qu’avec des produits chimiques. La plupart des espaces verts publics de Bordeaux sont désormais traités au glyphosate. Lyon a même annoncé être une ville sans pesticides depuis 2015.